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Retour 07.06.2019

Les assistants digitaux facilitent (déjà) la vie des patients et du personnel médical

« Je n’ai pas envie de prendre ta place, c’est trop stressant. Nous, les compagnons de santé, sommes complémentaires aux humains. Mais les mentalités doivent encore évoluer pour cela » : c’est par ces mots que le robot Pepper a ouvert la 7e édition de la conférence Digital Health Connect. Cette dernière a eu lieu le 7 juin dernier au TechnoArk de Sierre. Une quinzaine d’orateurs issus de différentes régions du monde ont montré les nouvelles capacités et surtout les progrès réalisés par les assistants connectés, qui sont déjà très utiles pour les patients et les professionnels de santé.  


Près de 200 spécialistes des domaines de la santé et du digital ont assisté à cette conférence de référence organisée par la Fondation The Ark et Swiss Digital Health. « Titiller la curiosité et prendre la mesure des tendances technologiques de la santé de demain : tels sont les buts de cette manifestation. Ces deux objectifs ont été atteints cette année encore », a précisé Sébastien Mabillard, directeur de Swiss Digital Health et modérateur de la journée.


C’est le chef du service valaisan de la santé, Victor Fournier, qui a introduit la thématique. Selon lui, le digital est une réponse au vieillissement, à la pénurie et au financement de la santé. « Toutefois, la digitalisation doit s’inscrire dans un tout ». De son côté, Laurent Sciboz, directeur des instituts de recherche du TechnoArk et membre du comité d'engagement de la Fondation The Ark, a rappelé que le Valais disposait d’un réel écosystème en lien avec la santé digitale. Plus de 100 projets sont ainsi menés à bien chaque année dans ce domaine à la HES-SO Valais/Wallis.  

Frédéric Ehrler, de la R&D des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) a détaillé les efforts de son établissement hospitalier pour favoriser le « Patient empowerment ». Selon lui, cela passe notamment par un dossier patient digitalisé et des portails patients. Il a pris l’exemple d’une application qui utilise de la gamification pour favoriser la prise de médicaments.


Les appareils s’adaptent aux humains
De son côté, Yariv Adan de Google a mis en évidence le potentiel du Google Assistant dans le domaine de la santé. « Le but est de ne plus avoir à allumer les appareils ou à apprendre à les utiliser. Nous sommes dans une nouvelle ère ou les appareils s’adaptent aux humains pour interagir avec eux ». Selon Yariv Adan, cela permet de briser toutes les barrières (âge, langue, technologie). Des démonstrations en live ont permis de montrer les progrès impressionnants faits par l’application Assistant de Google. Le dialogue avec la machine devient de plus en plus précis et intuitif.


Une série de solutions concrètes et digitales ont été présentées par les orateurs. Guillaume Dupasquier a détaillé la solution de maintien à domicile des personnes âgées développé par Domosafety. Des objets connectés, comme des boutons d’alarme ou des capteurs sont installés à domicile. Au niveau de la prévention, des données sont récoltées (sommeil, fréquence respiratoire). Les dispositifs sont connectés directement aux médecins ou aux urgences.


Thierry Perronnet, directeur d’Avatarion, a expliqué pour sa part comment un robot humanoïde peut être l’assistant du personnel de santé. Les compagnons de santé permettent également de resociabiliser les enfants malades. L’enfant malade est connecté dans sa classe grâce à un robot Nao. Les robots sont aussi très utiles pour divertir les enfants avant une opération.  

Une multitude d’aides pour les patients et professionnels de santé
Sword Health, une start-up basée au Portugal, a développé de son côté une application sur tablette pour aider les physiothérapeutes. Concrètement, cette solution digitale permet aux patients de faire les exercices à domicile et aux physiothérapeutes de suivre les exercices et interagir avec leurs patients. « Il s’agit du premier centre de réhabilitation dans le cloud », selon André Eiras Dos Santos, COO de Sword Health.  


James Wyman a présenté Pillo, développé par sa start-up Pillo Health, basée à Boston (USA). Ce petit robot domestique aide les patients à prendre leurs médicaments. Il envoie des notifications et distribue les pilules à prendre jour après jour. Le tout commandé par la voix et basé sur la reconnaissance faciale. « En moyenne les patients interagissent 4 à 5 fois par jour avec ce robot. Le taux de prise de médicaments continue de croître et atteint 90% », selon James Wyman.


Figure1, une entreprise canadienne, a créé une plateforme sociale qui facilite les échanges entre médecins, sur la base de photos. « Nous encourageons ainsi la curiosité entre médecins », a précisé Benjamin Errett. L’application regroupe déjà 2,5 millions d’utilisateurs dans 190 pays.


Un chatbot pour arrêter de fumer à une application pour décharger les urgences pédiatriques
Roland Savioz et Michael Schumacher ont expliqué pour leur part le principe de leur chatbot (robot conversationnel), qui a permis de sevrer un grand nombre de Suisses accros à la cigarette. Le premier prototype a été développé lors de l’Arkathon 2018. Ce robot apprend, grâce à des questions, à connaître les gens, et notamment leur état émotionnel, avant de les aider à oublier l’envie de fumer. Le taux de réussite est impressionnant : 25% après six mois. Le robot a permis de doubler le taux de réussite par rapport à la campagne précédente. « La seule méthode qui fonctionne le mieux est le conseil médical intensif avec prise de médicaments », souligne Michael Schumacher, professeur à la HES-SO Valais-Wallis.


Maddalena Di Meo, fondatrice de Baby & Kids Care, a créé l’application « Que dit le pédiatre ». Elle permet aux parents de recevoir une information médicale via une téléconsultation. Une réponse immédiate à toute heure est ainsi donnée aux parents, qui sont dirigés au plus vite et au mieux. « Cette application veut être le compagnon du parent et permet surtout d’éviter que les parents se rendent aux urgences pour des cas qui pourraient être traités à distance ».  


L’OFAC, la coopérative des pharmaciens suisses a également développé un outil baptisé Abilis. Elle est destinée au grand public, notamment ceux qui souffrent de maladies chroniques. Conseils de prévention, prise de rendez-vous médicaux en ligne, commande de produits en direct, consultation en ligne : la plateforme permet d’avoir une vue complète sur le plan de médication en cours. Elle sera lancée en novembre 2019.   


Dans le même ordre d’idée, Soignez-moi.ch est une plateforme de télémédecine suisse. Cette prestation est possible grâce à une plateforme digitale, développée en open source. « Les médecins peuvent ainsi challenger les réponses qui sont données », note Romain Boichat, co-fondateur de Soignezmoi.ch. Elle propose des consultations dans l’heure au tarif unique de 39 francs.


Les seniors et la technologie en débat
Une table ronde, dédiée aux technologies appliquées au quotidien des seniors, a conclu la journée. Elle a réuni Christophe Büla (CHUV), Delphine Roulet-Schwab (Haute école de santé La Source), Dominique Germann (CMS Sierre), Anne-Gabrielle Mittaz (HES-SO Valais-Wallis), Guillaume Dupasquier (Domosafety) et Giovanni Joerger (OFAC).  


La 8e édition de Digital Health Connect aura lieu le 29 mai 2020. Les comptes-rendus détaillés de chaque intervention de l’édition 2019 seront publiés prochainement sur ce blog. Restez connecté(e)s!

 

Les vidéos des conférences sont disponibles sur http://watch.klewel.com/digital-health-connect-2019


Informations complémentaires : www.digitalhealthconnect.ch

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